L’Intechmer choisi pour étudier l'impact de l'éolien en mer sur la biodiversité marine
12 février 2026
SEDIBIOM3 s’intéresse à l’étude des fonds marins de la Manche, une zone très dynamique et fortement sollicitée par les activités humaines. Dans un contexte de développement rapide de l’éolien en mer, le projet vise à mieux comprendre comment les sédiments et les organismes vivant sur et dans le fond marin réagissent à ces installations, ainsi qu’aux autres usages comme la pêche ou les activités portuaires.
En observant la biodiversité à différentes échelles — des micro-organismes aux espèces benthiques plus visibles — SEDIBIOM3 permet d’évaluer les effets cumulés de ces pressions sur les écosystèmes marins. Les résultats contribueront au développement d’outils de suivi écologiques et aideront à concilier production d’énergie renouvelable et préservation de la biodiversité marine dans la Manche.
Objectifs globaux
Les huit projets soutenus par l’agence de l’eau Seine-Normandie, dont SEDIBIOM3, ont pour but de produire des connaissances scientifiques pour mieux caractériser les potentielles incidences du développement de l’éolien en mer sur la biodiversité marine. L’idée est d’éclairer la planification maritime et la gestion des projets sur la façade Manche Est–mer du Nord.Au total, 29 projets de recherche avaient été déposés. À l’issue du processus d’évaluation scientifique et technique, la sélection des lauréats a été validée par la commission des aides de l’agence de l’eau Seine-Normandie en décembre dernier. Ce premier appel à projets marque le lancement d’une dynamique de production de ressources scientifiques appelée à se poursuivre à travers de futurs appels à projets.
*Vulgarisation : ensemble des organismes aquatiques vivant au fond des étendues d'eau marines, lacustres ou fluviales.
3 QUESTIONS À GWENDOLINE GRÉGOIRE, MAÎTRE DE CONFÉRENCES À L’INTECHMER
Vous avez porté le projet lauréat SEDIBIOM3 : pourriez-vous nous raconter cette aventure de « candidat à lauréat » ?
Je ne l’ai pas porté toute seule : c’est avant tout un projet d’équipe !
Il s’inscrit dans un long historique de travaux de recherche, souvent menés séparément selon les thématiques — macrofaune, sédimentologie, microflore. Or, la complexité des milieux naturels tient justement au fait que ces compartiments sont étroitement interconnectés. Pour comprendre pleinement les impacts des activités humaines, il est donc essentiel de les considérer ensemble. Mon rôle a principalement consisté à fédérer des équipes reconnues dans leurs domaines respectifs afin de construire un projet véritablement intégré, reliant l’ensemble des compartiments benthiques. Cela a nécessité de nombreux échanges, des discussions approfondies et un important travail d’écriture pour aboutir à un projet scientifiquement solide, en phase avec les attentes des acteurs industriels et territoriaux, ainsi qu’avec celles du financeur, l’agence de l’eau Seine-Normandie. Quelques nuits blanches ont été nécessaires, mais le jeu en valait la chandelle : un projet ambitieux, porté par une équipe engagée et de grande qualité.