Newsletter de la recherche #10

Les inégalités femmes/hommes : des faits et des chiffres

1 septembre 2017

Petit tour d’horizon, en chiffres officiels, de la situation femmes/hommes en général et dans la recherche universitaire, en particulier.

Man - Copyright The Noun Project - Wilson JosephUne situation peu brillante dans le monde professionnel…

En 2014, l’Insee calcule un écart de salaire entre femmes et hommes de 24%. Cela s’explique en partie par le fait que 44,8% des emplois féminins sont concentrés dans quelques secteurs peu rémunérateurs et que les femmes subissent d’avantages les contraintes des enfants au niveau professionnel. Par exemple, 31% des mères de familles de 2 enfants sont à temps-partiel contre 4% des pères.

Et malheureusement, la fin de la vie active ne marque pas la fin de ces inégalités. Au contraire ! En moyenne, les femmes partent à la retraite un an plus tard que les hommes et leurs droits sont inférieurs de 42% même s’ils se verront compensés à hauteur de 26% par les droits conjugaux et familiaux (pensions de réversion, par exemple).

… et dans bien d’autres domaines…

Les tâches domestiques et la gestion au quotidien des enfants, on le sait… Mais aussi le sport de haut niveau ou les domaines culturels comme le cinéma et la littérature : on ne compte que 10,6% de femmes parmi les 114 lauréat.e.s du Prix Goncourt !

… dont les médias, reflets de notre société.

Pour la presse, par exemple, seuls 21,5% des interlucteur.rice.s cité.e.s sont des femmes et en « une », le chiffre tombe à 14,5%.

En savoir plusC’est tout l’enjeu du projet Expertes de l’Union européenne

Ces questions sont désormais une préoccupation nationale et concernent bien sûr les pouvoirs publics et la classe politique mais aussi les acteur.rice.s économiques et l’ensemble de la société civile. Les écoles et les universités sont les premiers territoires où se joue cette lutte.

Percent - Copyright The Noun Project - Creative Stall

Qu’en est-il actuellement dans l'éducation ?

De l’école primaire à l’université, les filles réussissent mieux que les garçons !

En 2015, la proportion de bacheliers dans une génération approchait les 73 %, celle des bachelières s’élevait à 83 %. Bachelières qui obtiennent également plus de mentions « bien » et « très bien » et ce, dans les filières ES et S.

Actuellement, 31,3% des femmes de 25 à 35 ans ont un diplôme supérieur à bac+3 contre 26,4% des hommes.

Mais elles ne s’orientent pas dans les mêmes domaines.

En 2013, 67% des filles scolarisées en troisième ont continué en seconde générale et technologique contre 55% des garçons.

Pourtant dans le filière S (considérée comme la plus difficile mais aussi la plus prestigieuse et « porteuse »), il n’y a que 30% des filles scolarisées en filière générale contre 39% des garçons.

Et en seconde générale et technologique, en 2015, seuls 2,5% de filles ont opté pour l’enseignement d’exploration et sciences de l’ingénieur.e contre 14,1% des garçons.

Quant à l’enseignement professionnel cela varie selon les secteurs : les filles vont être, par exemple, majoritaires dans les filières préparant aux métiers de la petite enfance et minoritaires dans les spécialités de production. Les « vieux schémas » persistent très nettement !

Woman - Copyright The Noun Project - Wilson JosephEt l’enseignement sup’ alors ?

Les femmes sont plus diplômées, nous l’avons vu plus haut. Chez les 30-34 ans, ce sont 50% des femmes qui sont diplômées contre 40% des hommes.

Et comme au lycée, les femmes sont sous-représentées dans les filières scientifiques. Chez les ingénieur.e.s, elles n’étaient que 23% en 2000. Mais la bonne nouvelle, c’est que ce chiffre augmente : en 2014, elles étaient 29%.

Enfin, même si elles sont toujours moins nombreuses à faire une thèse, on note aussi une évolution positive : en 2005, 35% des titulaires d’un doctorat étaient des femmes, le chiffre atteint 40% en 2014.

Voilà pour les chiffres. Mais ces questions se posent, et se résoudront aussi sans doute, au quotidien dans les salles de cours et les laboratoires de recherche. Et là, laissons la paroles à nos enseignant.e.s- chercheur.euse.s et étudiant.e.s qui nous donnent un point de vue différent : celui qui vient « de l’intérieur » mais aussi, qui est le fruit d’expériences et de ressentis personnels s’opposant donc directement aux très objectifs chiffres mais aussi, souvent, les illustrant.

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