Équipe de recherche en épidémiologie nutritionnelle (Eren)

Mots-clés

  • Epidémiologie
  • Santé publique
  • Nutrition
L'Équipe de recherche en epidémiologie nutritionnelle (Eren) est une équipe mixte Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13 faisant partie du Centre de recherche en épidémiologie et biostatistiques Sorbonne Paris Cité (UMR 1153). Elle a pour objectif d’étudier les relations entre nutrition et santé, les mécanismes sous-jacents et les déterminants des comportements alimentaires. L'objectif final de nos recherches est de fournir aux autorités de santé et aux agences gouvernementales des connaissances scientifiques afin notamment de guider le développement de politiques nutritionnelles de santé publique.

La nutrition inclut l'alimentation dans ses diverses dimensions (aliments, boissons, composés bioactifs, exposition environnementale) et également l'activité physique, les comportements sédentaires et le statut nutritionnel (marqueurs biologiques et cliniques). Nous étudions un large spectre de pathologies en relation avec la nutrition et des fonctions liées à la santé, tels que les maladies chroniques (pathologies cardiométaboliques, cancers, maladies de la peau, etc.), l'obésité, la santé mentale et cognitive, la mortalité et le vieillissement (notamment en bonne santé).

Axes & thèmes de recherche

Axe 1 : Comportements émergents et expositions environnementales alimentaires : déterminants et associations avec la santé

Nous concentrons nos recherches sur les expositions et comportements nutritionnels émergents et peu explorés. Au niveau mondial, la majorité des cohortes existantes ont accès à des données nutritionnelles limitées (ex : faible nombre de rappels ou d’enregistrements alimentaires, FFQs semi-quantitatifs), avec aucune possibilité de prendre en compte les expositions actualisées et émergentes et les comportements en relation avec la nutrition. L’étude NutriNet-Santé fournit l'opportunité d’étudier ces sujets d’actualité avec des données alimentaires très précises et détaillées collectées via des enregistrements répétés de 24h (3 tous les 6 mois), l’utilisation d’une table de composition contenant plus de 3300 aliments, un FFQ complémentaire, et un nombre substantiel de questionnaires spécifiques concernant les habitudes alimentaires et les expositions nutritionnelles et non-nutritionnelles, qui enrichissent perpétuellement nos bases de données.

Nos recherches se focalisent sur :

puce de liste manuelle (fleche)les expositions alimentaires émergentes 
puce de liste manuelle (fleche)les déterminants innovants des comportements alimentaires : par exemple psychologiques, géographiques, les modes d’approvisionnement, les modèles complexes multi-déterminants 
puce de liste manuelle (fleche)la nutrition de populations spécifiques et de patient.e.s

Axe 2 : Mécanismes impliqués dans les relations entre la nutrition et la santé

Les mécanismes impliqués dans les associations nutrition-santé restent très peu explorés jusqu'ici. Leur élucidation est cruciale pour 1) mieux comprendre l’étiologie de la maladie 2) augmenter le niveau de preuve des relations 3) recueillir des connaissances sur le composé bioactif nutritionnel impliqué, pour améliorer les stratégies de prévention.

Nos cohortes phénotypées avec précision couplées à leur biobanque (sang, urine, ADN : NutriNet-Santé n=19 600, SU.VI.MAX n=13 017) nous permettent de développer des projets de recherche innovants avec un focus sur :

puce de liste manuelle (fleche)L’interaction entre épidémiologie et recherche expérimentale : des projets multidisciplinaires dans lesquels chaque discipline inspire et enrichit les autres sont en cours de développement. La stratégie que nous avons développée pour les projets liés à la thématique viande et cancer sera appliquée pour étudier de nouveaux sujets tels que  les nanoparticules et le risque de cancer (avec Inra Toxalim) ou NEU5GC et risque de diverses pathologies (avec l’Université de Tel Aviv).

puce de liste manuelle (fleche)Les techniques Omics appliquées à l'épidémiologie nutritionnelle : nous développons actuellement des études de type cas-cohorte pour répliquer/valider nos résultats préliminaires prometteurs dans des cohortes indépendantes (SU.VI.MAX, NutriNet-Santé, et d'autres cohortes dans le cadre de collaborations européennes). Ensuite, nous généraliserons notre approche à d’autres événements de santé.  Le métabolome alimentaire est également exploré et lié à nos données alimentaires détaillées afin de découvrir de nouveaux biomarqueurs de l’exposition nutritionnelle usuelle. 

puce de liste manuelle (fleche)Le microbiote intestinal (rôle de la nutrition sur la composition et le fonctionnement du microbiote, microbiote de populations spécifiques, associations avec des événements de santé) : l’Eren coordonne le groupe de travail Microbiote du CRESS (Drs Touvier et Galan, M. Partula) et participe au FP7 UE du programme Metacardis. En 2017, nous commençons un nouveau programme de recherche sur nutrition, métabolomique, microbiote et immunité dans le cadre du LabEx “Milieu Interieur” (dont l’Eren fait partie, n=1000 donneurs sains, dont 500 ont bénéficié d’un 2ème prélèvement de sang et de selles et 150 participent à la cohorte NutriNet-Santé). À moyen terme, nous envisageons de : 1) développer des cas-cohorte pour étudier des biomarqueurs sanguins de l’activité du microbiote associés à des événements de santé et 2) collecter des échantillons de selles (par kits postaux) sur un large nombre de participant.e.s de la cohorte NutriNet-Santé.

Axe 3 : Épidémiologie interventionnelle et évaluation des stratégies nutritionnelles de santé publique

Nous renforçons nos études sur l’impact potentiel de diverses stratégies nutritionnelles de santé publique avec un focus spécifique sur les inégalités sociales en nutrition et santé et sur l’impact différentiel en fonction de strates spécifiques de la population, dans une optique de « santé publique ciblée ». Ce travail innovant implique des équipes de recherche de disciplines différentes : épidémiologie (Eren), économie (INRA ALISS/GAEL), sociologie (LEPS Université P13) et marketing (RITM Université Paris Sud et INSEEC). Les méthodes utilisées incluent des études d’observation, d’intervention et de simulation, et seront appliquées en particulier aux logos nutritionnels en face avant des emballages, à la taxation des produits alimentaires, et à des interventions ciblées dans des sous-populations à risque. Ces projets sont basés sur les données issues de la cohorte NutriNet-Santé, mais également d’études d’intervention ad hoc qui seront développées sur des populations spécifiques (ex: étudiant.e.s des Universités de Nice et P13, patient.e.s attein.e.s de cancer de la plateforme Seintinelles, etc.).

3 priorités :

puce de liste manuelle (fleche)Développer des systèmes théoriques permettant d’évaluer l’impact des stratégies et des politiques nutritionnelles de santé publique
puce de liste manuelle (fleche)Développer des recherches expérimentales et épidémiologiques sur les interventions nutritionnelles de santé publique
puce de liste manuelle (fleche)Modéliser l’impact potentiel des interventions nutritionnelles de santé publique

Axe méthodologique transversal

Notre équipe est bien positionnée au niveau national et international concernant plusieurs aspects méthodologiques en épidémiologie nutritionnelle.

Nos efforts se concentrent sur :

puce de liste manuelle (fleche)E-épidémiologie : Nous poursuivons nos recherches méthodologiques dans ce domaine. Notamment, le potentiel des appareils connectés est exploré via des études d’observation ou d’intervention ayant pour objectif d’améliorer l’estimation de l’exposition (ex : bracelet pour l’activité physique, géolocalisation) ou de tester l’effet d’une intervention (ex : scan des codes barre pour déterminer le Nutriscore des aliments).

puce de liste manuelle (fleche)Bases de données médico-administratives : l’Eren a été la 1ère équipe de recherche en France à obtenir l’autorisation par décret en Conseil d’État (en 2012) pour croiser les données de nos cohortes avec celles des bases de données médico-administratives de l’assurance maladie nationale (incluant des informations approfondies sur l’utilisation de médicaments et les arrêts maladie de longue durée). En plus d’améliorer la qualité des données de nos cohortes, cela nous permet de développer des projets spécifiques basés sur l’utilisation chronique de médicaments en interaction avec la nutrition.

puce de liste manuelle (fleche)Méthodes statistiques innovantes et big data : des approches innovantes (analyses de médiation, profils d’exposition complexes nutritionnel/toxicologique, modèles d’optimisation du régime alimentaire) sont testés pour répondre aux nouvelles interrogations issues des recherches en nutrition santé. La complexité et la taille des données épidémiologiques augmentent de manière exponentielle. Les jeux de données importants générés par les projets métabolomiques et microbiote (AXE 2) seront analysés via des approches statistiques épidémiologiques actualisées et via des approches de type data mining, en collaboration avec des équipes spécialisées (ex : IRIT CNRS/INPT Toulouse).

Caractérisation de l’exposition nutritionnelle : grâce au couplage entre l’estimation très détaillée des expositions nutritionnelles et les biobanques, nos cohortes sont particulièrement adaptées à la recherche méthodologique dans ce domaine. Nos objectifs sont 1) de découvrir de nouveaux biomarqueurs des expositions nutritionnelles (ex : explorer le métabolome alimentaire par métabolomique non ciblée en spectrométrie de masse) et 2) d’évaluer la variabilité inter et intra-individuelle et la stabilité de marqueurs nutritionnels, des signatures métabolomiques et de la composition du microbiote.